J. Edgar, ou comment prôner l’émancipation homosexuelle…

« CLINT EASTWOOD plonge au cœur du FBI, passionnant. » (le Figaro)

            Et pourtant, NON. Ce film est au contraire très décevant, surtout de la part d’un grand cinéaste. Décevant tout d’abord par sa platitude : manque de rythme, de suspens et quasi absence d’intrigue, ce qui est plutôt étonnant pour un film présentant les débuts du plus célèbre bureau d’investigations qui soit. Je l’accorde cependant, l’ambiance et les costumes d’époque sont au rendez-vous. Le jeu d’acteur n’est pas non plus si mauvais, et je dirais même que Léonardo DiCaprio est encore une fois talentueux dans son rôle. Mais il n’en reste pas moins que ce film est plat, voire même soporifique à la longue. Et 2h15 de platitude, c’est long…

Je ne m’attarderai pas davantage sur l’aspect purement cinématographique de J.Edgar. Combien même le rythme et l’intrigue auraient été au rendez-vous, je n’en aurai pas moins trouvé nécessaire de dénoncer ce film.

Pourquoi donc dénoncer un film connaissant un tel succès ? Pour sa portée morale extrêmement dangereuse et insidieuse. L’élément central de ce film, loin d’être seulement une biographie d’Edgar Hoover ou encore une « plongée au cœur du FBI », est en fait un faire-valoir de l’émancipation homosexuelle. Nier cet aspect de la personnalité du fondateur du FBI dans un film biographique n’aurait certainement pas été la solution, mais de là à en faire l’élément principal, c’est peut-être un peu excessif, non ? Or il ne faut pas se leurrer, lorsqu’un film est réalisé, la place laissée à chaque événement et le soin apportée à la mise en scène de celui-ci n’est jamais un hasard. Si un réalisateur monte un film, ce n’est pas seulement pour raconter bêtement une histoire mais également et surtout pour faire passer un message, une morale. L’excès présent dans J.Edgar n’est donc certainement pas un hasard…

Dès le début, de nombreux indices nous sont apportés afin de découvrir par nous même cet aspect de la personnalité du fondateur du FBI. Nous découvrons tout d’abord l’enfance difficile du personnage : quasi absence d’un père malade atteint par la folie, et présence excessive d’une mère possessive. Edgar lui sera toujours soumis affectivement, d’une soumission qui  malgré les années restera jusqu’au bout celle d’un enfant vis-à-vis de sa mère. Dans chaque difficulté, il trouvera en elle un refuge affectif. Mme Hoover restera jusqu’à ses derniers instants la confidente de son fils, et exercera un pouvoir de décision sur sa vie, annihilant ainsi sa liberté d’adulte et son entière responsabilité. Elle sera dès lors un lieu de fuite pour Edgar. La scène durant laquelle Edgar reçoit cette bague des mains de sa mère est je pense très significative de cela. Il est tout d’abord très intéressant d’y observer le rapport que les différents personnages entretiennent entre eux : toute l’attention de la mère monopolisant la parole est portée à son fils, tandis que la présence silencieuse de la nièce d’Edgar est volontairement effacée. Symbole très fort qui montre à quel point la mère exerce un monopole affectif sur son fils, entendant ainsi empêcher toute personne étrangère à venir s’immiscer dans leur relation fusionnelle. Mais le deuxième aspect symbolique de cette scène est sans aucun doute encore plus fort : la mère offre cette bague à son fils tel un jeune homme à sa fiancée, et c’est à cet instant l’assurance d’une exclusivité affective qui est contractée entre la mère et son fils. Désormais, Edgar Hoover n’aura qu’une femme dans sa vie : sa mère.

De nombreux autres signes disséminés le long du film vont participer à révéler au spectateur l’homosexualité d’Edgar : l’étrange maladresse emplie de honte vis-à-vis d’Helen Gandy lorsqu’il s’agit de lui exprimer son amour, la terrible angoisse ressentie dans ce restaurant à  l’idée de danser avec des demoiselles, le gros plan sur sa main reposant sur celle de Clyde dans le taxi,… Constituant en fait la seule trame du film,  tous ces signes nous conduisent progressivement au « climax » de la suite d’hôtel, lorsque Clyde avoue à Edgar son amour pour lui. Il s’ensuit alors une confrontation malsaine entre les deux personnages, Clyde voulant laisser s’exprimer son homosexualité et Edgar refusant cet aspect de sa propre personnalité, qu’il préfère refouler catégoriquement. C’est dès lors le phénomène de l’homosexualité refoulée qui est exposé, et ce jusqu’à la fin du film qui correspond à la mort d’Edgar où nous découvrons par le journal dont Clyde se fait le narrateur combien le refoulement de son orientation sexuelle l’a fait souffrir jusqu’au bout, et a fait souffrir Clyde par la même occasion.

Voilà comment est exposé dans ce film le sujet de l’homosexualité, autour duquel les autres éléments ne viennent que graviter et apporter un décor permettant de mieux « faire passer la pilule ».

Le problème n’est pas de parler de l’homosexualité, mais d’en parler de manière juste et constructive, pas comme le fait ici Clint Eastwood. Non sans un certain talent, tous les ingrédients sont ici réunis pour que ce soit le spectateur qui tire de lui-même la conclusion que le réalisateur veut qu’il déduise : au nom du soulagement de la souffrance des individus, l’homosexualité doit aujourd’hui être « libérée » et pratiquée sans complexe.

En ce sens un tel film participe à sa manière à l’éradication de la frontière distinguant le normal du pathologique, et contribue à apporter une mauvaise réponse à la souffrance bien réelle des personnes homosexuelles.

Mais, me direz-vous très justement, pourquoi considérer l’homosexualité comme étant anormale ? N’est-ce pas une position plutôt archaïque que de tenir un tel discours ?

Pour mieux comprendre ce positionnement sans le déformer, il nous faut tout d’abord comprendre pourquoi nous parlons de norme, et quel en est le fondement. La norme, c’est ce qui « doit être », et pour comprendre ce qui « doit être » lorsque nous parlons de la sexualité, il nous faut avant tout observer cette sexualité. Observer concrètement la sexualité, c’est observer comment elle fonctionne et pourquoi elle fonctionne ainsi, en observant donc sa finalité propre. Il s’agit ainsi de repartir de la nature. Telle est la norme que nous invoquons.

Le propre de la sexualité, c’est-à-dire ce qu’elle a d’unique que ne possède aucune autre faculté, c’est sa finalité procréatrice. Vous me direz alors très justement que la sexualité ne se réduit pas à la procréation, et c’est bien vrai. La sexualité est également le lieu de la communion des corps et du plaisir partagé dans le don de soi à l’autre. Seulement le plaisir n’est pas un propre de la sexualité, puisque chacun de nos sens peut nous procurer du plaisir, et un baiser est également le lieu d’une certaine communion des corps. Il ne faut certainement pas séparer la sexualité du plaisir au risque de mal la comprendre, mais lorsqu’il s’agit de la définir nous devons reconnaitre cette dimension essentielle qui nous permet de saisir son unicité.

La sexualité doit donc contenir dans sa définition cette capacité naturelle à donner la vie. Ainsi, la norme étant ici la nature, toute orientation sexuelle ne pouvant pas donner lieu à la transmission naturelle de la vie ne peut pas être considérée comme normale. Accepter l’inverse serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle. Or c’est bien le cas de l’homosexualité, puisque concrètement elle ne peut pas d’elle-même être le lieu du don de la vie.

Il ne s’agit pas de taire l’existence de désirs chez les personnes homosexuelles, ce qui serait nier la réalité. Mais il ne s’agit pas non plus, sous prétexte de réduire à néant l’exclusion sociale de ces personnes, de nier la réalité en faisant rentrer dans la norme cette orientation sexuelle. C’est une évidence : le désir homosexuel ne pourra jamais aboutir totalement, puisque techniquement parlant il ne pourra jamais donner lieu à la procréation. C’est naturellement impossible. Certes, me direz-vous, il est possible grâce aux nouvelles techniques médicales et aux adoptions de remédier à ce dilemme. C’est vrai. Mais c’est justement par la technique et par le droit que le dilemme est résolu, pas par la nature qui, elle, reste la même. Cette orientation sexuelle n’en reste donc pas moins anormale, puisque la norme n’est pas la technique mais la nature.

Ce n’est pas en « libérant » l’homosexualité et en légitimant sa pratique que nous aiderons les personnes homosexuelles. Sauf si vous considérez que le mensonge fait grandir la personne. Oui, l’homosexualité est bien présente dans nos société et l’a certainement toujours été, mais cela ne suffit pas à en faire une norme.

Nous ne devons en aucun cas porter un jugement sur ces personnes dont la dignité est la même que tout autre être humain et ne doit en aucun cas être remise en cause ou violée. Ces personnes doivent être considérées avant tout comme victimes de leur orientation sexuelle bien plus qu’acteurs de celle-ci. En ce sens nous avons tous le devoir d’être extrêmement charitables envers ces personnes, qui subissent avant tout leur anomalie et doivent en porter le lourd fardeau tout au long de leur vie. Mais pour rien au monde nous devons leur mentir en leur cachant la vérité ! La charité n’en est pas une dès lors que la vérité est cachée, même si la vérité doit toujours être annoncée avec beaucoup de charité si nous voulons qu’elle soit comprise et acceptée ! Ne laissons pas les puissances médiatiques et autres réseaux d’influence faire rentrer dans la norme ce qui n’a pas à y être ! Ce serait mentir à ces personnes sur la réalité, et voulant les aider, nous les enfermerions en fait dans une hypocrisie dont ils seraient les victimes. Comment aider une personne malade en niant sa maladie ? Imaginez-vous un médecin qui, sous prétexte de soulager la souffrance de ses patients,  cacherait leur maladie en leur donnant l’illusion de vivre en parfaite santé ?

Ainsi, la solution n’est pas de prôner comme le fait ici Clint Eastwood la pratique d’une homosexualité faussement « libérée », comme seule alternative au refoulement douloureux. Telle ne serait pas non plus la solution de cacher l’homosexualité en poussant les personnes concernées à refouler cette part de leur personnalité dans un déni destructeur. Il s’agit d’accompagner ces personnes avec énormément de charité, afin qu’elles cheminent dans l’acceptation d’elles-mêmes et réalisent à quel point la satisfaction pratique de leurs désirs amènerait en réalité une souffrance bien plus grande, due à l’impossibilité d’épanouissement intrinsèquement présente dans ce désir.

Eveillons donc nos consciences devant cette vague médiatique et artistique qui peu à peu, par la puissance des images et autres stimuli sensibles et affectifs, travaille à détruire la nature au nom d’une culture libérée. Ne laissons pas nos intelligences être ainsi manipulées, et réagissons devant cette puissante vague qui tend lentement mais sûrement à effacer de la conscience collective toute notion de normalité et d’anormalité, sous prétexte de liberté et d’égalité, égalité peu à peu transformée en égalitarisme irrespectueux de l’homme. N’ayons pas peur de penser à contre-courant devant ce triste spectacle où l’homme se renie lui-même !

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