Philosophie médiévale : peut-on s’appuyer sur le sensible pour appréhender Dieu ? (1/5)

       « La Cause de toutes choses n’est dans aucun lieu. Elle n’est pas vue et on ne peut la saisir par les sens. Elle ne se perçoit pas par les sens et ne leur est pas perceptible » (Traité de la théologie mystique, IV). Par ces phrases, Denys l’Aréopagite met en lumière un aspect évident du gouffre qui semble séparer l’homme de Dieu, la créature finie du Créateur au-delà de tout créé transcendant toute créature. En effet de par sa toute puissance infinie, son éternelle existence et sa gloire inaltérable, Dieu peut d’abord apparaitre aux hommes comme un Principe inaccessible, inconnaissable de par leur faiblesse et leur humble condition humaine tant limitée dans ses capacités au regard du Tout-Puissant. Ainsi si l’on suit la thèse de Denis l’Aréopagite, il faudrait pour parvenir à la connaissance de Dieu se séparer totalement du sensible pour entrer en pure extase mystique, seule voie véritable d’union à Dieu. Mais l’homme est-il vraiment obligé de se séparer de son identité sensible et de tout ce qui en ce monde parvient à ses sens si il veut parvenir à la connaissance de Dieu ? Ne pourrait-on pas envisager un cheminement vers Dieu prenant racine dans l’entière condition humaine, afin que tous les hommes et tout l’homme puissent accéder à leur Créateur ? Ainsi il ne s’agirait plus d’une radicale opposition entre le sensible et l’extase, mais plutôt d’une contemplation du sensible menant d’elle-même à la connaissance de Dieu.

        Pour cela nous essaierons de montrer ici que le sensible comme lien entre l’Homme et Dieu est véritablement présent dans toute l’Histoire du Salut. Nous nous intéresserons tout d’abord à la Création, œuvre de Dieu pour l’homme par laquelle celui-ci peut entamer une démarche de connaissance de Dieu en y découvrant et en y contemplant les traces divines du Créateur. Dans un deuxième temps nous montrerons comment durant la Première Alliance la dimension sensible est omniprésente, tant dans les diverses manifestations par lesquelles Dieu se montre à l’homme que par les prières et supplications que les hommes font monter vers Dieu. Enfin nous observeront l’apogée des divers liens sensibles qui permettent à l’homme de connaitre Dieu depuis l’Incarnation jusqu’à l’Eglise de notre temps qui n’est qu’une continuation mystique du Corps du Christ parmi les hommes, Verbe de Dieu fait chair.

Une réflexion sur “Philosophie médiévale : peut-on s’appuyer sur le sensible pour appréhender Dieu ? (1/5)

  1. Pingback: Pour être moins ignorant en 2014 ! | +++Yesus Kristus azu+++

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s