La sexualité dans la religion chrétienne

       Cet article fait suite à « L’hypersexualisation de notre société moderne » et présente une vision plus particulière du premier acte sexuel dans le mariage chrétien, liée à l’abstinence précédant aux « Oui » des époux. Toujours dans le cadre d’une étude anthropologique, il se base sur diverses discussions avec des couples, célibataires, jeunes et moins jeunes. A la fin de l’article se trouve quelques témoignages de certaines discussions. Cet article ne présente évidemment pas une « liste exhaustive » des positions dans ce domaine mais une analyse brève entre les idées préconçues sur le mariage religieux et la réalité de cet engagement tel qu’il est proposé pour les chrétiens eux-mêmes.

Le contexte social

       Chaque individu vivant dans une société subit inévitablement les effets de cette dernière tout en étant lui-même acteur de cette société et ce, à un degré plus ou moins important. Il ne peut nier que cet environnement qui le « conditionne » influence ses choix d’une manière ou d’une autre. Mais, si cette société forme un tout englobant il demeure que des choix personnels se détachent de la masse des individus. Ce sont ces choix qui subissent différentes influences positives ou négatives dans leurs effets, que nous avons relevés au cours de certains questionnaires ouverts. Ou plutôt, nous nous sommes intéressés plus particulièrement dans cette partie, à l’influence de la religion chrétienne par rapport au premier acte sexuel. Entre croyances erronées et celles véritables, nous allons voir comment se détermine ce premier acte.

Des arguments « détracteurs » d’un autre temps…

« La sexualité dans la religion chrétienne ne sert pratiquement qu’à avoir des enfants. » (Un jeune d’environ 20 ans, se disant athée)

          Cette croyance héritée principalement du Moyen-Age postule pour une sexualité uniquement portée vers la procréation et ce, par une interprétation erronée, archaïque des textes bibliques. Cette vision évinçant l’aspect du pur don d’Amour des conjoints s’éloigne pourtant profondément des aspirations profondes de l’Homme et de ce qui fait intrinsèquement sa nature.

       Mais, le fait que l’acte sexuel serve uniquement à la procréation a longtemps perduré et nous constatons qu’il perdure encore aujourd’hui dans certains milieu. Ces milieux en restent néanmoins à une vision très primitive de la religion sans rechercher réellement ce que dit le catholicisme en matière de sexualité. L’influence de la presse à sensation plus caricaturale que réellement portée vers un vrai travail « d’enquête » journalistique n’est pas sans lien…

       Au cours de discussions, nous relevons souvent cet argument que l’Église proscrit le sexe avant le mariage à cause de cette dimension reproductive. Ainsi, cette idéologie poussée dans ses derniers retranchements semble dissocier l’acte d’amour véritable (qui n’est pas réduit à sa simple reproductibilité) et le fruit même de ce dernier (en tout cas l’un des fruits les plus manifeste). Elle impose une dualité entre l’Amour du couple même et ce vers quoi il se tourne dans un surcroît de ce don, qui est la fécondité du couple. En fin de compte, elle est un contre sens, elle étouffe le véritable sens de la sexualité voulue par Dieu. Car l’Agapè est cette dimension spirituelle de l’amour dont seul l’Homme peut faire usage et qui se tourne vers l’altérité. Sans cette dimension, l’amour du couple se meurt et sa fécondité (pas seulement biologique) s’étouffe avec. Si l’enfant est un don d’amour des parents, fruit même de cet amour, il ne peut se faire sans cet amour.

       Aussi, d’autres arguments en défaveur de l’abstinence avant le mariage, est cette idée de traditions dépassées, de relations qui ne sont plus faites pour durer. L’engagement à l’échelle d’une vie disparaît en même temps que se développe un climat de méfiance constante à l’égard de l’autre contre qui je me protège, et que je protège de moi-même, notamment par « l’essai » de cet autre qui apparaît comme indispensable avant d’entreprendre une relation. Ainsi menées, les relations ne sont plus le lieu d’un don total de sa personne mais d’un morcellement de soi contre cet autre que je n’ai pas pris le temps « d’apprivoiser », « d’adopter ». Si l’abstinence disparaît, c’est qu’elle n’est plus vue comme un désir où patiente l’amour. Car tout doit aller vite, trop vite, tout doit être instantané comme le caprice d’un enfant n’ayant pas suffisamment grandi pour comprendre le danger ou du moins, la non légitimité de son bon vouloir.

En quoi l’engagement sexuel précipité ne fait qu’approcher l’Amour sans en approfondir le sens.

       Il n’est plus question de faire patienter un désir lié à une forme de don (l’un et l’autre étant complémentaire) en vue d’un engagement et d’un « oui » libre, mais de tester avant de s’engager. Alors que tout est associé à des garanties matérielles ou autre, on remarque que les relations d’aujourd’hui recherchent elles-aussi cette sorte d’assurance dans les relations humaines, tout en excluant complètement la notion d’engagement d’une vie. La religion semblerait donc ne plus avoir d’influences réelles sur notre société moderne qui s’émancipe totalement de toutes les traditions religieuses. Ce que l’on peut noter est une forme de négation profonde, presque inconsciente, de ces valeurs familiales qui ont structurées nos sociétés.

       Ce que l’on remarque aussi dans ces « nouvelles » relations est qu’il n’y a pas de réel épanouissement des deux individus. Avec une telle émancipation des normes on pourrait légitimement s’attendre à une liberté vraiment grandissante des couples. Or, ce n’est pas le cas et la morosité ambiante des couples est assez manifeste. Aussi, il y a une sorte de fuite de la solitude et du célibat qui devient quelque chose d’anormal et n’est plus vécu comme un temps d’attente pour l’autre, un temps d’ouverture aux autres avant de s’attacher plus particulièrement à l’autre, à l’unique. Car s’attacher aux autres, s’engager dans des amitiés fidèles est un moyen privilégié pour cheminer vers la gratuité dans les relations, vers une connaissance approfondie de l’autre au sein d’un groupe d’amis où il se dévoile tel qu’il est et aussi, pour cheminer vers la maturité d’un amour capable de plus que l’amitié.

       Par une méconnaissance de l’autre, je construis une sorte d’imaginaire entourant sa personne et base d’emblée ma relation sur une vision faussée du compagnon… En précipitant la vie commune c’est ainsi le risque de déchanter très rapidement lorsque l’autre m’apparaîtra différent de l’idéal que je pouvais avoir. Aussi, sans poser le temps nécessaire à l’amitié ou la connaissance approfondie de la personne, en engageant mon corps et ma personne, il y a ce risque latent de ne pouvoir rester fidèle à cet autre que je pensais aimer mais que je me serai (ou qui ce sera) imposé. Ainsi s’esquisse la rupture prochaine dans le non aboutissement de la relation avec l’autre.

L’abstinence avant le mariage

       Elle est ce lieu privilégié pour décider librement de poser un « Oui » face à la personne que je choisis et qui me choisit. L’abstinence se lie alors à une forme de morale tournée vers l’Homme et ce qui est profondément bon pour son équilibre. Elle n’est pas une sorte de tradition périmée et dénaturée mais un moyen indispensable pour aimer en vérité. Car qu’est ce qu’aimer si je ne sais faire patienter mon amour risquant ainsi de provoquer la déchirure de la relation et imposer une cicatrice profonde dans le vécu de l’autre ? Aussi, l’Amour d’un couple mobilisant tout l’être et le corps, est-il réellement possible de prétendre aimer en se morcelant dans la multiplication des aventures toutes avortées ? Car l’amour véritable est unique, il sait attendre et se réserver à l’exclusivité de la personne choisie.

       Plusieurs arguments justifient cette abstinence avant le mariage. Notons que la plupart des arguments relevés ici sont liés aux convictions religieuses des individus et avant cela, à un certain humanisme. En d’autres termes, il est souvent avancé que cette abstinence est d’abord choisie et dans un intérêt personnel d’où le conseil de l’Église en laquelle il y a une certaine confiance. On notera toutefois un certains fidéisme chez certaines personnes et cela se manifeste par une incapacité totale à argumenter (honnêtement) cette notion d’abstinence. De plus, il ressort que cette idée d’intérêt pour l’Homme lui-même (faisant aussi confiance en une expérience plus élaborée que celles personnelles, à une vision générale là ou chaque individu ne voit que le particulier) sont les causes réelles d’une abstinence qui tomberait vite en échec dans le cas d’une obéissance servile en la doctrine de l’Église.

       Le rapport sexuel accélère le « processus relationnel, et créé très vite une exigence de vie commune qui ne permet plus ensuite de faire un choix pleinement libre et de revenir en arrière si l’un prend conscience qu’il s’est trompé » (extrait d’une chronique de Denis Sonet). Pour ce chroniqueur chrétien, l’acte sexuel signifie « le don total de la personne , le don des cœurs et des esprits dans la réalité du corps ». Il ajoute qu’il « est certain que dans l’ambiance érotisée d’aujourd’hui, avec la pression des modes, le climat libéral et hédoniste de notre société, les émissions télévisuelles qui normalisent tous les comportements, les jeunes ont beaucoup de difficulté à percevoir cet idéal. Et surtout à le vivre. ».

       Le désir de l’attente nécessaire à la réflexion est ainsi présenté comme préparant les futurs époux à se recevoir mutuellement car il y a une connaissance de la « qualité » de l’autre que je ne peux découvrir que dans le temps et ce, afin de ne pas tomber dans l’effet grisant du premier amour lié à « l’euphorie » de la première rencontre et de la joie d’être aimé. Cette attente est souvent dite nécessaire pour éviter un amour possessif quasiment narcissique ou l’autre est plus objet de mon propre plaisir que celui dont je cherche à réaliser le bonheur. Patienter avant le premier acte sexuel est gage d’un amour authentique car cet amour prend le temps d’étendre ses racines afin de résister aux assauts du temps, aux vents contraires qui souffleront sur le foyer. Elle est une « sécurité » non négligeable pour aimer en vérité, c’est à dire pour aimer ce que l’autre est, dans toutes les dimensions de sa personne.

       Souvent, cette abstinence avant le mariage se justifie aussi par cette liberté du « Oui » au jour du mariage, oui pleinement libre dans sa décision et qui prend tout son sens. Il n’y a pas au préalable un engagement sexuel des deux individus engagés au fond d’eux-même avec l’autre. Dans une telle perspective, le couple s’engage la plupart du temps dans une union à vie qui approfondie la relation et l’épanouie dans l’acte sexuel même.

       La religion et ses positions en matières de sexualité ne sont donc pas vues ici comme un frein (et ne l’est toujours pas aujourd’hui pour ceux qui s’attache à l’étude de cette religion et, ou , sont eux-même croyant) mais une condition d’épanouissement qui se base aussi sur plusieurs siècles d’expériences humaines. Si des erreurs ont évidement jonchées ce parcours, ce qui ressort des individus eux-mêmes ayant « pratiqués » l’abstinence avant le premier acte est une considération bien plus évoluée pour le partenaire, une joie bien plus grande à se donner pleinement et exclusivement à l’unique conjoint qui dans l’accord des corps touche aussi l’accord des êtres. Ainsi se conjuguent l’eros et l’agapè car la « chair est plus que le biologique » (suivant X.Lacroix, philosophe) et cet accord avec ce corps de chair demande aussi de s’accorder avec l’être de la personne, dimension humaine qui ne se découvre que dans le temps où l’autre se dévoile.

La place de la sexualité dans le mariage

       Dans une perspective chrétienne, le premier acte sexuel prend donc toute sa place dans un engagement et les fruits de ce dernier. Il est une exaltation des corps qui se magnifient l’un dans l’autre et l’un par l’autre. On comprend que l’importance de cette relation s’inscrive dans un long processus et influence le premier acte. Le mariage religieux et plus particulièrement la nuit de noce va alors être le lieu du premier acte sexuel qui n’est pas seulement tourné vers l’aspect reproductif mais le lieu du désir et du don, de l’entrelacement des corps qui signifie l’Amour profond des époux et l’image de l’alliance entre Dieu et les Hommes.

       Car cette sexualité est voulue par Dieu lui-même. Dans la Genèse après la création du premier couple humain on peut lire : « Il vit que cela était très bon » et d’autres éléments de la vie des peuples depuis l’Ancien Testament jusqu’au Nouveau testament placent l’acte sexuel et la vie des époux à un niveau bien plus élevé qu’un « érotisme de trottoir ». Dans cette relation du couple, il y a une certaine analogie entre Dieu et son Église, entre le Mystère de la Trinité et le couple qui ne fait qu’un tout en restant deux et trois avec le Christ. Cette vision chrétienne est celle de l’Homme et du bonheur dans toute sa dimension (aussi bien dans le couple lui-même que dans la procréation, dans son rayonnement etc…).

       Cette morale est d’abord humaine (il n’y a pas de « plaisir catholique » mais de plaisir pour tout Homme) et face aux individus considérant le point de vue de l’Église comme légèrement dédaigneuse de l’acte sexuelle (uniquement porté vers la « reproduction »), on note qu’elle réclame au contraire que l’on ne fasse pas l’économie de cet acte dans la procréation, face aux diverses méthodes de procréations médicalement assistées qui ne nécessitent pas (plus) de rapports sexuels. En effet, l’enfant s’inscrit dans cet acte même d’amour, de don et de désir et sa venue prend un sens très fort ainsi.

Quelques témoignages

       Pour illustrer un peu plus ces propos, je vous joins quelques témoignages (recueillis en direct, par téléphone ou par mails). Il a été demandé aux personnes interrogées de citer un ensemble de raisons justifiant le premier acte sexuel dans l’engagement du mariage, impliquant nécessairement l’abstinence auparavant, suivant le vécu, les convictions des personnes interrogées et leur rapport à l’Église. On pourra remarquer que tout en restant charnel l’acte sexuel acquiert aussi une dimension supplémentaire qui est celle spirituelle, tournée pleinement vers un amour qui vit, qui se déploie pour l’autre et par l’autre. Il y a une réelle considération pour l’enjeu, pour ce que le premier acte représente et ce vers quoi il se tourne dans sa durabilité. Les propos concernant les relations en dehors d’un engagement ont aussi été reproduits.

Un homme marié (10 ans de mariage), six enfants, 35 ans :

        « L’abstinence est une « sécurité » afin de rester libre en ne s’emprisonnant pas dans une histoire dans laquelle on ne sait plus comment arrêter sans se blesser et blesser l’autre s’il s’avère qu’il n’est pas celui avec qui je veux m’engager.

       L’abstinence c’est aussi ne pas vivre dans l’immédiateté : j’aime, j’achète ; je consomme, je digère, j’ai fini, je jette. Elle permet la construction d’amitiés sincères, de l’amitié conjugale et permet d’attendre l’autre en allant au-delà des apparences. Attendre, c’est ne pas réduire l’autre au seul plaisir qu’il/elle peut me procurer et trouver ainsi un moyen privilégier pour apprendre la tendresse, pour s’apprivoiser avant de se dénuder tout de suite. L’abstinence est ce lieu d’apprentissage de la maîtrise de soi (même si ce n’est jamais acquis) pour ne pas être balayés par les épreuves.

       Elle permet d’apprécier le temps de la découverte : on ne passe pas de l’hiver à l’été. Heureusement, il y a le printemps. Les fiançailles sont cette transition qui, quand elle est « zappée » fait qu’on se prépare des lendemains qui déchantent. Cela permet de se rappeler que l’acte sexuel est la dialogue le plus intime que peuvent se donner deux êtres, alors, c’est comme une montagne, on commence par la base pour mieux grimper ensuite.

       En préparation au mariage on a des couples qui n’avaient jamais émis l’hypothèse du handicap de l’un d’entre eux, ou de l’arrivée imprévue d’une naissance, ou d’un enfant handicapé etc… Ils se sont mis immédiatement en couple, c’est le coup de foudre, l’amour sans la raison.

       L’abstinence, c’est se donner du temps pour se rappeler que l’amour et la raison font bon ménage quand on respecte le temps de ces deux éléments. On aime de cœur et de raison. L’abstinence permet de l’apprendre.

        Dans la vie, il faudra des périodes d’abstinence (accidents de la vie, déplacements etc…) qui pourront être forcées. Ce sera l’occasion d’approfondir le lien conjugale qui passe aussi par la tendresse, l’amitié etc…

       Et puis, c’est un temps pour bâtir sa maison sur le roc, pour relire l’évangile : avant de construire on commence par s’asseoir. La religion que je suis est remplie de bon sens et va dans celui de l’Homme. Il ne s’agit pas d’interdits vue d’un point de vue très scolaire mais d’une vision très humaine. »

Une femme de 32 ans, célibataire :

        « S’abstenir c’est une liberté de l’engagement dans une vie de couple : s’engager auprès de l’autre librement sans lui avoir déjà donné une part de soi, et non la moindre.

       L’abstinence c’est choisir de connaître l’autre pour ce qu’il est dans sa totalité, et non la réduire à sa seule performance au lit. C’est respecter l’autre et se respecter dans notre dignité profonde et ne pas le/la prendre parce qu’on en a simplement envie. Nous sommes capables d’aller vers un autre parce qu’il nous attire, parce qu’on se réalise mutuellement à travers le regard de l’autre. Il s’agit d’exister pour ce que nous sommes et non pour des performances qui cadreraient avec un cahier des charges, « validé » par la société et qui validerait ainsi le début d’une vie commune.

       L’abstinence permet de faire un vrai choix pour sa vie : je réfléchis à ce que je veux réellement pour ma vie, pour moi, ce qui me rendra profondément heureuse. A ce moment là, on se rend compte que ce n’est pas principalement l’acte sexuel qui rend vraiment heureux, mais bien la recherche de la vérité, la recherche du meilleur bien pour soi, parce que ça rend libre et « léger ». Seulement là, parce que j’aurai fait cette démarche, parce que j’aurai vu dans le regard de l’autre que j’existe pour ce que je suis dans mon être tout entier, alors je pourrai pleinement m’engager avec lui. Rechercher la vérité d’un point de vue chrétien, c’est rechercher Dieu, donc si je recherche la vérité, il est alors normal que je mette Dieu au cœur de ma vie, et donc dans mon couple, et ce dans le mariage religieux. »

Une femme mariée, un enfant, 28 ans :

        « Si je fais et accepte d’entreprendre une vraie communication dans mon couple je me dévoile bien plus qu’une simple nudité et légère profondeur corporel. Je m’intéresse à ce qu’est la personne dans son présent et son passé (et son entourage, son vécu…). Il faut oser dire tout cela, on ne se confit pas à ce point à 10 0000 personnes. C’est un réel travail de vérité : un travail en combien d’année ? Tandis que si c’est juste pour l’acte sexuel en lui-même, on peut refaire 10 0000 fois l’exercice qu’importe le sujet. Qu’est ce qu’il y a à approfondir ? La performance ? Les carrières des sportifs ne durent pas très longtemps…

        Une vrai communication qui patiente permet de se dévoiler au plus profond du « comment on vit un instant T » et qui s’explique par le passé. Jour après jour, la vrai communication permet de se connaître vraiment, de se comprendre ( et donc d’éviter de sortir des phrases blessantes pour l’autre , conséquence : meilleur entente). Comme on connaît vraiment l’autre on pressent ses réactions et on est vraiment un même pendant l’absence de l’autre. (la personne fait référence à un conseiller conjugal qui affirmait que : même lorsqu’il n’est confronté qu’au mari, il comprend qu’il a affaire à un couple.). Un couple qui s’est construit de cette sorte devient une personne car même si l’autre n’est pas là, le connaissant, on sait ce qu’il penserait de telle ou telle situation. Ainsi, le couple perdure après la mort, étape ou l’autre n’est plus là. »

Une femme mariée, un enfant, 36 ans :

        « L’Église vise le bien de l’Homme. On peut dire que c’est une spécialiste de l’humain : le plus souvent elle dit des choses non par dogmatisme mais parce que cela va dans le sens profondément humain, c’est à dire sa sensibilité, sa psychologie etc…

       Ainsi, quand elle parle d’abstinence par exemple, elle met en garde sur le fait que le rapport sexuel engage profondément (c’est le cas de le dire…) et réellement les personnes sans qu’elles en soient toujours vraiment conscientes. Pour preuve, le plus souvent, la réponse irréfléchie et répétée à un désir corporel amène à la banalisation, c’est à dire ensuite le manque de « piment », le manque de désir lui même : manger toujours à profusion d’un aliment même exquis fini par nous lasser, nous dégoutter même. C’est un peu pareil quand l’autre est réduit uniquement à un acte charnel : d’où ensuite les recherches toujours insatisfaites d’un plaisir par toutes sortes de choses (médicaments, « joujoux », « gym acrobatique »…).

       On voit que « faire pour faire » devient comme une masturbation à deux où chacun ignore et dédaigne l’autre (car il est là juste pour nous servir mais sans autre profond intérêt réel). Cela renferme sur soi, ce qui peu à peu fait disparaître l’épanouissement des amoureux qui doit leur donné des ailes jusque dans leur vie quotidienne. Donc l’Église propose de nous éviter de nous lasser d’un acte si grand si fort déjà humainement.

      Les psychologues parlent « d’empreinte indélébile » pour le premier acte sexuel : ils expliquent par là que cette première fois marque à jamais. C’est un souvenir indélébile. Ils affirment alors que si cette première fois a été blessante psychologiquement ou empreinte de déception, ou de quelque chose de plus ou moins négatif, cela peut influencer les prochains rapports de façon négative jusqu’à parfois causer des blocages, des « pannes » etc… Bref, ça marque profondément la personne dans sa sensibilité, sa psychologie.

       Aussi, d’un point de vue humain, il faut cette première fois dans un cadre, un environnement affectif mature pour que la personne en s’unissant à un autre y voit vraiment une rencontre, une communication profonde et particulière et non quelque chose qui enferme sur soi comme un rendez vous avec soi-même tout seul, un plaisir que pour soi, presque un comportement autistique !

       Aussi, faire « l’amour » comme on l’entend quand ça n’en est pas, laisse des traces qui peuvent blesser. A forces de blessures répétées et inconscientes le plus souvent, on fini par se blinder et s’assurer à soi-même qu’on ne souffrira plus. Du coup, on ne sait plus créer d’amitiés durables, ou plus loin on n’arrive plus à s’engager dans une relation durable de couple car on ne veut plus prendre le risque de souffrir.

      Quand des enfants arrivent dans l’intervalle, qu’en faisons-nous lorsque les ruptures et les beaux-pères, belles-mères se cumulent ? Comment peuvent ils se construire de façon sécurisée, solide et équilibrée ? Quelle société aurons-nous ensuite ?

        L’Église ne peut alors que redire que si cet acte n’est pas ouvert à l’autre déjà uniquement comme d’un humain à un autre humain, cela n’est pas dans le sens d’un épanouissement de la personne et d’une société en accord avec elle-même.

       Les personnes qui s’unissent physiquement, qui cohabitent avant de se marier par exemple, s’empêchent de réfléchir objectivement : comment savoir et avoir suffisamment de hauteur, de distance, d’objectivité si on est toujours avec l’autre ? Et si il ou elle fait bien l’amour et en plus fait disparaître ma solitude comment avoir la force de pouvoir dire finalement je m’ennuie et j’arrête tout ? Mais comme il ou elle me sert bien je ne peux pas arrêter cette relation sans vie. Autrement dit, je fais le choix de supprimer ma liberté or nous croyons profondément que nous sommes créés libres et pas esclaves d’un autre !( « Je fais de vous des mes amis et non des esclaves » St Jean).

       En encourageant l’abstinence, l’Église montre combien l’autre est digne : si je prends l’autre uniquement comme la réponse à un besoin charnel, alors je le « chosifie ». J’ai faim, j’ouvre le frigo, prends un yaourt, le mange, ça me soulage, me fait du bien et je jette le pot ! Si je prends l’autre pour répondre uniquement à un besoin alors je le réduis à la « même place » que mon yaourt ! L’Église là encore rappelle la dignité de chaque Homme et ne peut banaliser cet acte !  

        L’autre s’accueille parce qu’il est autre, parce que je lui dis quelque chose et pas seulement pour quelques minutes. Aussi, parce qu’en marquant mon esprit par un acte je veux signifier quelque chose d’important. Si cet acte me marque autant, qu’il m’engage autant, c’est pour durer. 

       L’Église croit aussi que l’homme est créé pour la femme et la femme pour l’homme (« Voici l’os de mes os et la chair de ma chair » peut-on lire dans la Genèse) et cela en vu de communiquer profondément sur leur humanité. Chacun révèle à l’autre son humanité profonde. C’est l’autre qui nous dit qui nous sommes ( par exemple l’ami qui nous révèle nos qualités, nos failles… ). Cet acte dans un accord profond, réel des corps nous révèle dans ce que nous sommes : pas sexuellement en particulier mais aussi ce que nous sommes en tant que personne humaine distincte des autres vivants capable de saisir de façon intelligible la condition du vivant, et en particulier sa condition de personne, unique, libre, et donc digne (ces dernières idées sont de l’enseignement de Jean-Paul II).

       L’Église croit que, quand un homme et une femme s’unissent dans le cadre du mariage religieux chrétien, ils manifestent l’Amour de Dieu pour les Hommes. Nous sommes créés à l’image de Dieu, c’est parce qu’on aime qu’on fait , qu’on créer (l’artiste aime la pierre il la travail et en fait une œuvre…..). Nous croyons que Dieu est Amour et par conséquence, il créer l’Homme par sur-abondance de cet amour.

        Dieu lui a donné aussi la possibilité à son tour de donner la vie : l’Homme est à l’image de Dieu. C’est aussi pour cette raison qu’en s’unissant, avec la possibilité que la vie apparaisse à son tour, l’homme et la femme manifeste l’Amour de Dieu pour les Hommes ! Ainsi, l’Église demande l’abstinence, car hors de ce cadre l’Homme bafoue cette réalité bien souvent ignorée !

        En se mariant, par le sacrement, l’Homme reconnaît la transcendance de sa personne humaine et sa participation à la création. Il reconnaît qu’il est co-créateur, avec Dieu créateur ! L’Homme a donc une responsabilité dans cet acte car il engage sa personne et celle d’un autre directement, et aussi de tout un peuple en faisant éventuellement naître d’autres personnes.»

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