Euthanasie : trois propositions de loi en deux mois…

Alors que les Français sont en vacances, loin des questions politiques qu’ils ont volontairement délaissées pour prendre à bon droit du repos bien mérité, les sénateurs quant à eux profitent de cette période estivale propice à l’inattention générale pour tenter de faire passer en douce les sujets qui fâchent.

En deux mois seulement, pas moins de trois propositions de loi relatives à l’euthanasie ont été déposées par trois sénateurs différents, comme pour contraindre à l’usure l’hémicycle de débattre de ce sujet. Habile manière d’user de ruse afin de donner l’illusion d’une urgente nécessité de voter une loi en faveur de l’euthanasie.

Ce sont donc trois propositions qui ont été déposées  en deux mois : le 8 juin 2012 par M. Courteau (ici), le 3 juillet 2012 par M. Fouché (ici), et le 20 juillet par M. Gorce (ici). Trois auteurs différents pour trois propositions qui dans le fond et même presque dans la forme, sont quasiment identiques, histoire d’insister sur les mêmes arguments mais de les rendre davantage légitimes par le seul nombre de leurs défenseurs. C’est pourquoi nous n’analyserons pas ici les deux dernières propositions de loi au risque de se répéter inutilement. Puisqu’il est néanmoins important de cerner les contradictions et limites des arguments avancés y compris dans leur formulation, nous vous proposons cet article relatif à la proposition du 8 juin.

Même sans les analyser à nouveau, voici deux arguments majeurs mis en avant dans ces propositions :

        – Relativement à la dignité de la personne (argument charnière des auteurs) : selon les sénateurs, l’aide active à mourir est seule garante d’une préservation de la dignité du patient jusqu’à sa mort. Ainsi, selon eux, la dignité de la personne peut se perdre par certaines conditions de vie… Or une telle thèse amène inévitablement à des conséquences dramatiques : la dignité étant valeur fondamentale intrinsèque de la personne en tant que personne, admettre que cette dignité puisse être perdue revient à admettre qu’en certaines circonstances le patient n’a plus cette valeur fondamentale, et n’est donc plus une personne mais un simple individu comme n’importe quelle bête. Et alors toute dérive telle que le meurtre peut logiquement être légitimée ou du moins amoindrie quant à sa gravité morale. Il est donc nécessaire de rappeler sans cesse  que la dignité de la personne n’est pas un attribut pouvant être perdu (accident extrinsèque) mais est au contraire une qualité (qui est un accident intrinsèque dont toute substance est douée dans la réalité), caractère présent de la conception à la mort, quelque soient les conditions entourant la mort. La dignité demeure tant qu’il y a substance.

        – Relativement à la volonté libre du patient : peut-on affirmer qu’un mourant soit à même de juger objectivement de sa situation et de discerner la bonne solution au soulagement de sa souffrance alors que cette souffrance exerce une forte influence sur sa délibération ? De même, une volonté écrite plusieurs mois avant la situation critique est-elle nécessairement identique à la volonté de la même personne étant désormais dans l’incapacité de s’exprimer ?

Quelque soient les arguments utilisés et les auteurs de ces propositions, la situation est dramatique pour notre pays qui s’apprête à voter de telles lois. D’autant plus dramatique qu’un silence de plomb repose sur ces débats et tente d’atténuer ainsi leur gravité. Il n’est besoin pour cela que de remarquer avec quelle habileté aucune de ces propositions n’emploie le terme « euthanasie », pour préférer  les termes moins violents « d’aide active à mourir », qui désignent en fait la même réalité. C’est ce même silence dont tous les médias se font volontairement les garants en n’évoquant jamais l’existence de telles propositions. Le but est simple : qu’une loi légitimant l’euthanasie soit votée avant que puisse réagir la population. Il est donc absolument nécessaire et urgent que chacun de nous s’informe de ce dont il ne sera jamais informé par les médias, et qui pourtant engage l’avenir de chacun. Je vous invite concrètement pour cela à vous rendre régulièrement sur le site du Sénat (ici), afin d’être tenu informé des avancées législatives dans les différents domaines qui font notre vie. Et surtout ne gardez pas cela pour vous, parlez-en ! C’est la première solution pour briser ce silence tyrannique…

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