La neutralité à tout prix

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       Il y a peu de temps, un gratuit du matin, prenant position sur le sujet de manière plutôt direct, titrait l’un de ses articles ainsi : « Un vestiaire sans sexe », avec en accroche : « La Suède, pays précurseur ». La première phrase, en gras, ne laissait plus aucun doute quant au militantisme de l’auteur : « La Suède prouve encore une fois son avance en terme d’égalité ». Le ton est donné ! Si la « théorie du genre » a permis l’avènement du mariage homosexuel, elle est aussi ce qui doit rentrer dans les mœurs coûte que coûte, en Suède comme en France. Les adeptes du « genre » préparent donc logiquement la suite. Mais quelle suite ?

       Tout le monde doit être sur le même plan, sans différence, dans une vague perspective d’égalité arithmétique. Tout se vaut, tout est identique. Nier la réalité de la différence des sexe, imposant certaines distinctions, relève aujourd’hui d’une forme de progressisme, d’une avance en matière d’égalité. Mais le progrès consiste à ajouter, à faire plus, pas à retirer ou plutôt à nier contre toute nature une constituante de notre personnalité. De fait, le mot « nature » lui-même est devenu obsolète, voué à « disparaître » au profit d’une totale émancipation de nos racines, comme un dédoublement de soi mutilant un autre soi. Voilà l’avenir que l’on prépare doucement en insinuant, dans toute les strates de la société, que notre orientation sexuelle peut s’effectuer à l’instar de notre constitution biologique. Et ce, comme si l’Homme voulait devenir le maître de ce qu’il n’a jamais maîtrisé, voulait s’affranchir des normes imposées par sa nature enorgueillit d’une toute puissance illusoire.

       En parallèle, on ne cesse de nous montrer que la différence est une richesse, que l’immigration et la différence culturelle qu’elle apporte ne peut être que bénéfique pour l’enrichissement de la société. De plus, de nombreuses publicités cèdent au dictât des quotas, exigeant cette différence afin de n’avoir à dos aucune association…Vous le remarquerez, dans de nombreuses publicités nous avons souvent deux exigences de différences : celle de la parité (homme et femme pour faire plaisir aux féministes) et celle de la diversité (une personne métissée ou africaine ou arabe pour que SOS racisme, championne de la victimisation, ne trouve rien à redire). Cette différence est même l’objet de nombreuses revendications. L’argument souvent invoqué est justement cette différence qui, du même coup, est niée par l’égalité purement arithmétique martelée par tout bien pensant de la tolérance.

       Mais dans le domaine des sexes, lieu de l’altérité et de la complémentarité par excellence (et lieu ou l’orgueil se trouve prit en défaut par cette nécessité de l’autre) la différence imposée par notre sexe biologique deviendrait soudain archaïque, une donnée que l’on pourrait choisir. Né de sexe masculin et devenir femme c’est possible ! Du moins, dans l’idéologie funeste des adeptes du « genre » avec cette nouvelle tentative, vouée tôt ou tard à l’échec, pour devenir « comme des dieux », pour nier ce qui ne vient pas de nous, mais de l’ Autre. Cela me fait penser à un passage de la Bible : « Et ils virent qu’ils étaient nus », reconnaissant leur faute, reconnaissant leur faiblesse et leur différence devant Dieu, différence que l’on ne veut plus voir aujourd’hui… A mon sens, cela est lié à la déchristianisation progressive et au rejet de la société de tout ce qui touche au catholicisme.

       Mais revenons à nos moutons (sans mauvais jeu de mot). Sans surprise, c’est l’association (lobby) HBQT (homosexuels, bisexuels, queer, transgenre) qui a « émise » cette proposition. Partisane d’une telle idéologie de la neutralité, on peut fortement s’interroger sur la teneur de cette proposition, votée ensuite par le conseil des élèves, ainsi que sur l’honnêteté du vote… Quand on connaît le poids des lobbys il serait d’autant plus intéressant de connaître la constitution de ce conseil des élèves. Mais l’article ne donne pas plus de précision : ni le nombre des votants, ni le pourcentage de personnes en défaveur de cette « proposition » ou en faveur. J’imagine que tout le monde était pour, cela va de soi, c’est tellement révolutionnaire…

       Au passage, être le précurseur d’un changement n’a jamais certifié de la qualité et du bien-fondé de ce changement. Espérons donc que la France garde encore quelques temps une certaine indépendance de pensée et de choix… (l’espoir, oui je sais, mais l’espoir fait vivre, à nous de le faire vivre en retour).

       L’article poursuit : « c’est pour les élèves qui ne souhaitent s’identifier ni comme hommes, ni comme femmes » (cf. Dagens Nyhete présidente du conseil des élèves, et, sans doute, pro-gender). Pour les autres élèves, on s’en fout. Ceux qui souhaitent s’identifier dans ce qu’ils sont peuvent toujours aller voir ailleurs avec leur idées conservatrices d’un autre temps. Place au progrès et retour à la petite enfance où, rappelons-le, l’enfant affirme peu à peu sa personnalité de garçon ou de fille. S’il l’affirme, cela ne signifie pas pour autant qu’il la construit de toute pièce. Il l’a développe. Ce n’est pas pour rien que c’est à ce stade du développement narcissique primordial de l’enfant (vers la maternelle) que les associations « pro-gender » agissent en créant des crèches neutres.

       Et pour justifier tout le bien fondé de cette demande (pas du tout imposée par quelques lobbys que ce soit, arrêtez un peu avec votre théorie du complot) l’auteur se justifie ainsi : « Cette demande est en effet arrivée après que certains élèves ont déclaré se sentir mal à l’aise en se changeant au milieu des autres filles ou garçons. »… Notez le passage du « certains » à « Le vestiaire unique arrive en Suède » (texte sous l’image illustrant l’article). Certains imposent donc leur idéologie et leur mal-être à tout un pays. Normal. Certains encore estiment que leurs problèmes personnelles relatifs à un manque d’identification doit emmerder tout le monde. Ou plutôt, certains, qui ont réellement un problème de personnalité, ne sachant s’identifier à l’un ou l’autre sexe (et on sait combien ce cas peut provoquer de graves troubles psychologiques), sont utilisés par d’autres « bien-pensants » pour imposer leur idéologie. Noyés sous quelques bons sentiments, un peu de démagogie et beaucoup de bourrage de crane (l’auteur de l’article de répéter dans le paragraphe du dessous : « La Suède fait figure de précurseur en matière de parité », t’as compris ou on répète encore ???), les victimes de cette perte de repère, ne sachant pas qui elles sont vraiment, ne manqueront pas de trouver un semblant de refuge auprès de ces associations. Plutôt que de les aider et de soigner leur mal-être, la solution consiste à considérer ce mal-être comme une nouvelle norme. Il devient alors « normal » d’être de sexe masculin et de vouloir être une femme… Il y a là un profond malaise de l’individu exprimant une aversion pour ce qu’il est, souhaitant devenir tout autre.

       Alors que la tolérance est érigée comme argument ultime justifiant toute idéologie quelle qu’elle soit (et au mépris d’une réflexion sur le bien fondé de cette dernière), cette neutralité relève à mon sens d’une haine de l’autre et d’une intolérance à la différence par excellence : celle du sexe. Mais la « tolérance » doit demeurer à sens unique, du côté des lobbys qui, maîtrisant parfaitement le langage manipulateur des bon-sentiments, imposent leur propre malaise à l’ensemble d’une société déjà en perte (et en quête) de repères… Quoi de plus simple, lorsque les repères familiaux n’existent pas (ou plus), de s’imposer comme le prédicateur d’un ordre nouveau qui sous couvert d’ouverture et d’acceptation de la différence va prendre dans ses mailles des individus qui ne savent plus qui ils sont réellement… Ont-ils seulement eu dans leur vie les éducateurs nécessaires à la construction de leur personnalité d’homme ou de femme ? Car c’est bien une telle union nécessitant l’altérité sexuelle qui leur a donné la vie… Soudainement, ils ne deviendraient ni homme, ni femme, mais des êtres en attente d’une identité sexuelle, laissé seul dans une catégorie à part…

       Et personne de s’interroger sur la raison d’un tel malaise, sur ce qui peut déranger des garçons ou des filles de se changer devant d’autres garçons ou d’autres filles… Personne ne s’interroge non plus sur des attitudes qui auraient pu provoquer ce malaise… De plus, ce vestiaire neutre réservé aux élèves ne souhaitant s’identifier ni comme hommes ni comme femmes ne change absolument rien à ce malaise. Si ce malaise existe c’est bien qu’il y a conscience de l’identité sexuelle. Si des garçons sont gênés de se changer devant d’autres garçons, le vestiaire neutre regroupera aussi bien ces garçons gênés de se changer entre eux que des filles gênées de se changer entre elles… Une solution intelligente aurait consisté à mettre à disposition des cabines individuelles et à prendre en charge ces quelques cas d’élèves gênés.

       Mais la neutralité doit l’emporter sur tout, alors même que cette gêne est causée par l’autre et non le même… Non seulement cette gêne entre personnes de même sexe ne disparaîtra pas mais elle sera augmentée par la présence de l’autre sexe… Combien de filles seront gênées de se mettre à moitié nues pour se changer devant d’autres garçons ? Ce genre de situation ne sera t-elle pas gênante (voir tentante) aussi bien pour les garçons que pour les filles forcés à franchir la limite de la pudeur ? Combien de filles ou même de garçons seront chahutés à ce moment ? De cela, HBQT n’en à cure tant que la machine idéologique est en marche. Comme si le « Je ne suis plus le seul ainsi. » suffirait à les soigner…

       Toujours est-il que cette neutralité mélangeant indifféremment les deux sexes ne sera pas sans poser problème à un âge où les pulsions sexuelles se font insistantes… Dans quelques années peut-être, des parents s’alarmeront de la morosité de leur fille subissant divers attouchements. Ces faits existent déjà et dans d’autres circonstances, mais ce genre de lieu ne pourra être que propice à des débordements… Cela, de la part d’individus dont la nature leur aura rappelé qui ils sont : des garçons dont la tendance sexuelle est dans la possessivité immédiate si elle n’est pas contrôlée…

       L’article ne précise pas si ce vestiaire unique sera le seul à disposition des élèves. S’il est « pour les élèves qui ne souhaitent s’identifier ni comme hommes, ni comme femmes » on peut supposer (espérer) qu’il leur est réservé et que des vestiaires normaux resteront à disposition des autres élèves, ceux dont l’identité sexuelle ne pose aucun soucis et qui souhaitent s’identifier. Mais cela est peu envisageable.

  • D’une, une telle idéologie impose par définition une idée unique qui doit être suivie coûte que coûte. D’abord en la présentant d’une façon insidieuse. Puis, en l’imposant de force. « Le vestiaire unique arrive en Suède » : Il n’y a presque aucun doute qu’il devient ou deviendra le seul à disposition. De plus, par « théorie du genre » on entend presque une démarche scientifique, et donc quelque chose d’indiscutable…

  • Deuxièmement, toute idée révolutionnaire, tout projet qui se dit précurseur ne souffre d’aucun contre-argument : le « progrès » est en marche et écrase tout sur son passage. Toute personne s’opposant à ce « progrès » sera forcément qualifiée de conservatrice, étiquetée comme intolérante ou toute autre adjectif péjoratif, et sera « rapidement » évincée pour faire place net…

  • Enfin, pour des questions de coût et de place, il sera le seul à être mit en place et tout élève souhaitant conserver une certaine pudeur n’aura plus le choix (par soucis d’égalité qu’ils disaient)…

       L’auteur renchérit : « La Suède fait figure de précurseur en matière de parité. »… Relisons le titre : « Un vestiaire sans sexe »… La parité, par définition, prend en compte et impose cette différence des sexes… Elle vise légalité des sexes mais en se fondant sur leur différence. Avec un tel ramassis de non-sens contenus dans si peu de lignes on peut s’interroger sur la santé du rédacteur (ou du pauvre stagiaire). Comme quoi, le martèlement idéologique obscurcit le jugement… Ce qui constitue d’ailleurs un excellent choix de la part des lobbys pour faire passer de force leurs idéos tordus. Une population abêtie sera toujours plus simple à diriger et prompt à obéir. Le bourrage de crâne par l’intermédiaire des médias est d’autant plus efficace.

       Il termine en justifiant cette avancée majeur dans l’histoire de l’humanité par la référence à cette fameuse crèche neutre (dont une créée récemment en France) : plus de garçons ou de filles mais seulement des enfants. Idem pour les prénoms et les jouets : rien qui puisse être identifié ou rapporter à l’un ou l’autre sexe… Imposer l’idéologie à la racine, on y vient. On y est en fait. Ça commence toujours ainsi. On construit des enfants « handicapés » en devenir, après les avoir soigneusement sélectionnés sur différentes exigences pour répondre aux critères des parents (avec par exemple la PMA et la fécondation fécondation in vitro faisant intervenir diverses sélections embryonnaires, j’en ai déjà parlé brièvement ici en milieu d’article). De fait, on leur inculque cette idée (à la base faussée) qu’ils peuvent être d’un autre « genre » que leur sexe biologique. Et cela, à un âge où naturellement cette prise de conscience de sa propre sexualité s’établit peu à peu. Dénonçant la construction soi-disant forcée (car on ne veut plus regarder ce que la nature développe elle-même) d’une identité sexuelle par la société, cette crèche force son contraire : n’imposer aucune construction sexuelle que ce soit, en empêchant à tout prix la nature de se réaliser pleinement…

        « On ne naît pas femme on le devient » disait Simone de Beauvoir… Ce que j’entends et comprends de cette phrase est qu’elle parlait, à mon sens, de la féminité, qui peut se construire en partie par le contexte (ainsi, la femme n’a pas toujours le même rôle suivant les époques et les sociétés). Dans une vague perspective d’émancipation, cela devait signifier que la femme affirme sa personnalité, l’a développe peu à peu. Elle affirme sa féminité, elle affirme ce qu’elle est. Mais elle ne devient pas une fille, elle ne devient pas de sexe féminin. Je crois que l’on a ainsi détourné le sens de cette phrase, en passant d’une forme d’émancipation du « carcan »* masculin à une émancipation de sa propre nature.

*[Si je met carcan entre guillemets c’est que j’estime que, même si l’emprise masculine a été importante, elle n’est pas le seul point qui a motivée cette « domination ». De manière générale, la femme dans sa nature ose moins, est moins téméraire, moins conquérante et moins aventurière. L’Histoire l’illustre avec, notamment, la prédominance de génies masculins. L’homme est plus dans le faire et la femme dans l’être, deux caractéristiques qui naturellement se rencontrent et se complètent chez des individus en phase avec leur identité sexuelle. C’est cette nature qui aujourd’hui est rejetée, une nouvelle fois, comme si la féminisation de la société était une revanche sur ces temps de « domination » masculine. D’ailleurs, ce féminisme me fait de plus en plus penser à un gros complexe d’infériorité de ces demoiselles. Enfin mesdames pardon. Ou un autre terme neutre à inventer, histoire de s’occuper.]

       Bref, si la féminité peut se révéler de façons différentes ou d’une façon plus ou moins insistante suivant les personnalités, l’éducation et le contexte social, il demeure que le sexe masculin ou féminin impose de lui-même un comportement différent. A mon sens, ce sont diverses dimensions annexes de cette identité sexuelle qui se révèlent à différents degrés. Mais ces diverses dimensions ne construisent pas de toute pièce un homme ou une femme. Elles se basent sur ce qui est déjà là dans nos être biologique.

       Il y a fort à parier que ce genre de crèche se généralisera de plus en plus, jusqu’à s’imposer définitivement, emportant avec lui tous les désirs des parents souhaitant que l’on respecte leur rôle d’éducateurs responsables. Quid des valeurs inculquées par l’éducation des parents et du prénoms donnés relatif au sexe ? Dans une société où l’état veut s’approprier des rôles qui ne lui appartiennent pas (et ainsi les enfants eux-même) il devient nécessaire de résister à ce système qui souhaite imposer une pensée unique, s’affranchissant des libertés individuelles les plus élémentaires. Et cela, en invoquant l’argument de la liberté… Pour info, un définition du totalitarisme est celle-ci :

« Le totalitarisme est un mode de fonctionnement de l’État dans lequel celui-ci prétend gérer, outre la vie publique, la vie privée des individus (régime policier, encadrement de la jeunesse et des relations professionnelles…). Source : la Toupie.

    Enfin, l’article conclu par une petite note d’humour (tirée de faits réels…) : « Dernièrement, c’est un député qui a proposé une loi interdisant aux hommes de faire pipi debout, par souci d’égalité »… Ridicule ! Espérons que cela fasse réagir les tenants du « genre », dont l’idéologie poussée dans sa dernière logique, impose de telles lois. Et, comme si l’absurdité d’une telle idée sautait aux yeux du député lui-même, il justifie cette proposition de loi par des aspects relatifs à l’hygiène (on y croirait presque) et en raison du fait que cela améliorait la qualité des rapports sexuelles… Bon, et pour pousser jusqu’au bout ce soucis d’égalité,  à quand les tampons pour hommes ?

        PS  : cette réflexion me fait penser à un événement récent : l’ablation (fortement médiatisée) préventive des seins de Angelina Jolie afin de lutter contre le cancer. Je m’interroge sur la façon dont réagissent les femmes qui, au prix d’une lutte acharnée contre cette maladie dans l’intimité de leur entourage et du personnel soignant, n’ont pas eu d’autre choix que de recourir aux prothèses mammaires… De plus, cette ablation sera t-elle bientôt le seul remède proposé aux femmes atteintes ? Érigée comme modèle du courage et en jouant sur la peur du cancer presque inévitable si l’on ne suit pas l’image de la star, la féminité me semble là aussi attaquée insidieusement sur un des attributs de la maternité…

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