Cristeros : mémoires de persécutions chrétiennes…

IMG_0062_ret.tifEn 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois du président Callès, qui interdisent toutes pratiques religieuses dans l’ensemble du pays. Des hommes et des femmes de tous horizons, les Cristeros, vont alors risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions menées par le gouvernement. Une des pages les plus sombres de l’Histoire du Mexique. (Allo Ciné)

        Cristeros est un film historique d’une rare intensité qui vous remue en profondeur. Qui remue et émeut. Non que ce soit cette seule émotion qui en fasse un beau film. L’émotion palpable dans la salle de cinéma est une de celle qui imprègne les actes héroïques au service d’une cause plus grande, ces actes de bravoure d’hommes et de femmes devenus martyrs, aux vies si différentes mais unissant leurs forces pour servir le Christ Roi. Ce rapport au réel, la détermination de ces hommes et femmes qui s’abandonnent eux-même pour le Christ, leur force et leurs faiblesses, nous interpellent nous aussi sur notre engagement de chrétiens à notre mesure. Jusqu’où serions-nous prêt à aller ? Rien ne sert de s’émouvoir et de jouer sur le pathos, si (en dehors d’une connaissance historique nécessaire de ce massacre) cela ne nous enjoint pas à sortir de nos salons pour annoncer l’Espérance.

        Un des messages fort qui se dégage du film restera celui du général Enrique Gorostieta Velarde  : d’abord indifférent à la foi, qu’il finira par embrasser dans con corps entier jusqu’à donner sa vie, il rappelle aux Cristeros qui ils doivent servir avant tout : le Christ. Ainsi, il guidera ces hommes, non plus à travers un chemin de vengeance, comme celle entreprise lors de l’incendie du train et des civils (avant que leur armée ne soit unifiée) mais un chemin de liberté authentique affranchie de toute vengeance ( « je te pardonne » diront même nombre de ces chrétiens exécutés à leurs bourreaux). Et l’image avec le Christ ne s’arrête pas là : jusqu’au terme de sa courte vie et malgré la torture, le petit José implorera le Christ de lui donner la force, la force de crier « Vive le Christ roi ! » avant d’être sauvagement abattu. Son parrain, ayant tout fait pour le convaincre de renier ce Christ Roi (et préférant abandonner son filleul à la mort, se lavant les mains de ce meurtre) en sera sans doute remué au plus profond de lui-même, même si le film ne montre que de l’incompréhension et du dépit se dessiner sur son visage. Cette scène interpelle devant ce que l’on aurait pu considéré comme une « conversion » et une « foi » subite d’enfant qui ne comprend pas bien ce qu’il fait, ni ce en quoi il s’engage. Et pourtant, il comprendra rapidement ce qu’implique cet engagement face aux persécutions menées par le Président Calles, franc-maçon notoire. Le Christ aux petits et aux humbles se révèle d’un façon si intime, que la foi lumineuse et profonde de José se manifestera pleinement à travers sa fidélité au Christ, jusqu’à lui offrir sa vie…

        Un des points forts du film réside aussi dans la mise en valeur du choix pleinement libre de chacun des martyrs, dans cette liberté la plus durement éprouvée alors même que le gouvernement tente de la supprimer. Cette liberté inviolable de chacun, et que nous sommes tous personnellement appelé à mettre en pratique d’une façon qui nous est propre, sera d’ailleurs la réponse du père Vega au général, révolté que Dieu ait pu laissé celui qu’il considérait comme son fils mourir ainsi.

        Si l’on peut reprocher au long métrage d’entrer trop rapidement dans la révolte en elle-même et de ne pas assez décrire la situation de persécution menée par le gouvernement, si l’on ne ressent pas assez l’échec manifeste des tentatives répétées de paix, ce défaut reste néanmoins mineur à côté de l’extrême richesse des personnages et de cette réalité historique qui nous frappe dans nos convictions les plus profondes. Toutefois, ce fait historique ne doit pas nous faire oublier que des massacres identiques de chrétiens se déroulent aujourd’hui encore dans d’autres pays, comme en Syrie par exemple, dans l’indifférence la plus totale de nos politiques…

        S’il est d’actualité de se complaire dans la mémoire de l’esclavage coloniale, des deux Grandes Guerres, de la Shoah etc. on déplore le silence qui est fait sur des massacres tout aussi condamnables de populations. Du massacre des Vendéens à celui des Cristeros, le parallèle est saisissant, et l’on ne peut qu’applaudir un film qui donne accès à la vérité des faits… Malgré le boycott insidieux du film (projeté dans seulement 75 salles en France) à travers les médias et notamment Allo Ciné (pour plus d’infos lire ICI et ICI) Cristeros est un film à aller voir de toute urgence et à encourager en attendant la sortie DVD…

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